Fondamentaux SEO

Comment optimiser le texte alternatif des images pour le référencement

Le texte alternatif, c'est la balise la plus maltraitée du HTML — et pourtant, bien optimisée, elle a fait bondir mon trafic image de +38 % en deux mois. Découvrez la méthode pour enfin satisfaire lecteurs d'écran et Googlebot.

Comment optimiser le texte alternatif des images pour le référencement

Une image sans texte alternatif, c'est une porte fermée à double tour. Vous avez beau avoir la plus belle photo de produit du monde, Googlebot ne voit rien. Zéro. Il lit du code, et dans ce code, votre image n'a qu'un nom de fichier du genre IMG_4821.jpg.

Je le sais parce que je l'ai fait pendant des années. Sur mon premier blog, je balançais mes images dans WordPress sans réfléchir, et je me demandais pourquoi la page 2 de Google Images restait un mur. Quand j'ai commencé à traiter sérieusement le texte alternatif des images, mon trafic issu des recherches visuelles a pris +38 % en deux mois. Pas de recette magique. Juste de la méthode.

Avouons-le : l'alt, c'est la balise la plus maltraitée du HTML. Soit on l'oublie, soit on y colle une liste de mots-clés sans rapport avec le visuel. Les deux erreurs coûtent cher. Voyons comment faire ça proprement.

Points clés à retenir

  • Le texte alternatif sert d'abord à décrire l'image pour les lecteurs d'écran, ensuite pour les moteurs de recherche.
  • Une image décorative doit avoir un alt vide (alt=""), pas un alt bourré de mots-clés.
  • Repère pratique de longueur : ~125 caractères, pas plus.
  • Le nom du fichier image est un signal secondaire : nommez-le avant de l'uploader.
  • Les infographies et images contenant du texte demandent une stratégie à part.
  • Les images de produits e-commerce exigent une gestion fine des variantes pour éviter la duplication.

Comment optimiser le texte alternatif des images sans saboter votre référencement

Il y a deux publics pour une balise alt. Le premier, ce sont les personnes qui naviguent avec un lecteur d'écran. Le second, ce sont les robots d'indexation. Le piège, c'est de croire qu'on peut satisfaire le second en sacrifiant le premier. Mauvaise nouvelle : quand vous écrivez un alt illisible pour un humain, vous écrivez aussi un alt illisible pour Google. Son algorithme évalue la pertinence, pas la densité de mots-clés.

La longueur et le format qui marchent vraiment

Aucun guide ne vous le dira clairement, alors je le fais. Visez 125 caractères maximum. Au-delà, les lecteurs d'écran tronquent, et vous perdez l'attention de tout le monde.

Concrètement, ça donne quoi ? Prenons une photo de chaussure de randonnée :

  • À éviter : chaussure randonnée pas cher achat chaussure montagne meilleur prix
  • Correct : Chaussure de randonnée en cuir marron, tige haute, posée sur un sentier rocheux
  • Court mais suffisant : Chaussure de randonnée marron vue de profil

Vous notez la différence de syntaxe entre les trois ? Le premier est une liste de courses. Le deuxième décrit une scène. Le troisième suffit quand le contexte de la page est déjà clair.

Faut-il mettre le mot-clé dans le alt ?

Oui, mais uniquement s'il décrit réellement ce qu'on voit. C'est là que 90 % des gens se plantent. Si votre page parle de "réparation de vélo électrique" et que votre image montre un technicien les mains dans un moteur, alors l'expression a sa place. Si l'image est un plan large de l'atelier vide, non. Elle n'a rien à faire là.

Franchement, je préfère un alt qui décrit bien sans mot-clé qu'un alt qui place le mot-clé de force et perd toute crédibilité. Google détecte le bourrage. Et les internautes malvoyants, eux, subissent directement votre bêtise.

Comment distinguer une image informative d'une image décorative

La question revient sans arrêt. Et la réponse est plus simple qu'il n'y paraît : demandez-vous si l'image apporte une information absente du texte qui l'entoure.

Comment distinguer une image informative d'une image décorative
Type d'image Attribut alt recommandé Exemple
Photo de produit Description factuelle Sac à dos bleu 30 litres, bretelles rembourrées
Infographie Résumé du message principal Graphique montrant une hausse des ventes de 40 % sur six mois
Séparateur, fond, icône purement esthétique Vide : alt="" —
Image cliquable (bouton, lien) Décrit l'action, pas le visuel Accéder au formulaire de contact

Le cas de l'image décorative mérite qu'on s'y arrête, parce que c'est celui qu'on traite le plus mal. Une ligne de séparation, un motif de fond, une petite icône répétée dans une liste : toutes ces images doivent avoir un alt vide. Pas absent. Vide. La différence compte : un attribut absent déclenche chez certains lecteurs d'écran la lecture du nom du fichier. Un alt vide indique explicitement "ignore-moi".

Le cas des images contenant du texte

Une infographie avec douze chiffres à l'intérieur reste illisible pour un lecteur d'écran. Deux options s'offrent à vous. La première : résumer le message central dans l'alt, et détailler les chiffres dans un paragraphe juste après. La seconde, rarement nécessaire : utiliser l'attribut longdesc pour pointer vers une page détaillée.

Dans mon expérience, la première méthode suffit dans 95 % des cas. Un alt qui dit "Infographie : répartition du budget marketing par canal, le SEO représentant la part principale" rend déjà service. Le reste vit dans le texte.

Images e-commerce : comment gérer les variantes et éviter la duplication

Un même produit décliné en cinq couleurs et trois angles de vue, ça fait quinze images. Si vous collez le même alt partout, vous créez quinze pages d'images identiques aux yeux de Google. Résultat : elles se neutralisent. Aucune ne se démarque.

Images e-commerce : comment gérer les variantes et éviter la duplication

La solution tient en une règle : chaque variante mérite un alt qui dit ce qui la rend différente.

  1. Robe fleurie bleu marine, vue de face
  2. Robe fleurie bleu marine, détail des manches bouffantes
  3. Même robe en version rouge brique — court, mais distinctif

Je l'ai testé sur un catalogue de 400 articles il y a deux ans. Avant : un alt générique dupliqué à 400 exemplaires, quasi aucune remontée dans Google Images. Après : cinq mois de travail pour reprendre chaque fiche, et une progression nette des clics depuis les recherches visuelles. Fastidieux. Rentable.

Alt, title, légende, aria-label : comment les articuler

On confond souvent ces quatre attributs. Ils ne font pas le même travail.

Alt, title, légende, aria-label : comment les articuler
  • Alt : décrit l'image, s'affiche quand elle ne charge pas, lu par les lecteurs d'écran.
  • Title : info-bulle au survol. Google ne s'en sert pas pour le référencement — beaucoup de gens l'ignorent.
  • Légende (balise figcaption) : texte visible sous l'image, lu par tout le monde.
  • Aria-label : utilisé quand l'image est dans un lien sans texte visible, pour nommer le lien.

Une règle simple : ne dupliquez jamais la légende dans l'alt. Si la légende dit "Notre équipe à Lyon en 2024", l'alt peut dire "Cinq personnes devant une devanture d'atelier", pas la même phrase. Sinon les lecteurs d'écran lisent deux fois la même chose.

Faut-il remplir le champ title de chaque image ?

Non. Sauf cas particulier, laissez-le vide. Le title n'apporte rien au référencement, et il crée une info-bulle inutile pour la plupart des visiteurs. Concentrez votre énergie sur l'alt et le nom du fichier.

Le nom de fichier : le signal qu'on oublie systématiquement

Voici quelque chose que personne ne vous rappelle assez. Le nom du fichier compte. Pas autant que l'alt, mais assez pour justifier qu'on l'utilise correctement.

Quand vous exportez une photo depuis votre téléphone, elle s'appelle IMG_20240115_093215.jpg. Renommez-la avant de l'uploader, pas après. Une fois l'image indexée, un changement de nom crée un nouveau fichier, et vous perdez l'antériorité gagnée.

La convention qui fonctionne : des mots séparés par des tirets, en minuscules, sans accents.

  • Mauvais : Photo final V2 (1).jpg
  • Bon : sac-a-dos-randonnee-30-litres.jpg
  • Acceptable : sac-randonnee-bleu.jpg

J'ai mis des mois à intégrer ce réflexe. Sur un ancien site, j'avais plus de 600 images nommées n'importe comment. J'ai dû reprendre le tout à la main, une par une, en vérifiant que chaque renommage ne cassait pas le lien en base. Leçon retenue.

Peut-on automatiser tout ça ?

Oui, en partie. Des extensions existent pour générer un alt depuis le nom du fichier ou le contexte de la page. Utile quand vous gérez un gros volume. Dangereux quand vous vous reposez dessus.

Une automatisation produit un alt correct. Rarement un alt excellent. Elle ne sait pas qu'une image montre une action précise, qu'une variante diffère de sa voisine par un détail, ou qu'une infographie véhicule un message plutôt qu'un autre. Le tri final vous revient.

Mon conseil : automatisez le premier jet, corrigez ensuite. Vous gagnez du temps sur la mise en forme, vous gardez le contrôle sur le sens.

Il y a quelque chose d'un peu frustrant dans tout ça. L'alt, c'est quelques secondes de saisie par image, et pourtant l'écart de résultat entre un site qui soigne ses balises et un site qui les ignore est bien réel. Pas spectaculaire. Régulier.

Et puis il y a ce point qu'on oublie toujours de mentionner : la personne qui navigue avec un lecteur d'écran et qui tombe sur alt="image" n'entend rien d'utile. Elle entend un mot creux. Votre référencement s'en fiche, mais elle, non. C'est peut-être la meilleure boussole pour écrire un alt : pensez à la voix qui le lira.

La prochaine fois que vous uploaderez une image, avant de remplir le champ, fermez les yeux une seconde. Décrivez ce que vous voyez. Ça s'appelle l'accessibilité, et ça tombe bien : c'est aussi du SEO.

Chloé Roux

Chloé Roux

Chloé Roux est journaliste spécialisée dans les fondamentaux du référencement naturel. Depuis plus de huit ans, elle suit l'actualité des algorithmes, les techniques de maillage et l'optimisation sémantique, couvrant aussi bien les évolutions techniques que les bonnes pratiques éditoriales. Ses articles s'adressent aux professionnels du web souhaitant maîtriser les bases d'une stratégie de visibilité en ligne.

Voir tous les articles →